Dépasser le syndrome de l’imposteur ? Oui, c’est possible !

Laetitia PARRENNE

Laetitia PARRENNE

Dépasser le syndrome de l’imposteur ? Oui, c’est possible !

Vous connaissez ce sentiment de doute ? Celui qui vous empêche de prendre la parole en réunion pour donner votre avis… Celui qui vous donne l’impression que votre « costume » est trop grand… Celui vous donne le sentiment d’être incompétent en quelques secondes suite à une critique alors que vous cumulez les années d’expérience…

Ces situations vous sont familières ? Il est possible que le syndrome de l’imposteur soit à l’œuvre. 

Mais alors que se passe-t -il ? 


Syndrome de l'imposteur 2Photo Pixabay : PIROD4D

LE SYNDROME DE L’IMPOSTEUR : DÉFINITION

Le syndrome de l’imposteur ou complexe d’imposture (pour les puristes) est une notion développée en 1978 par les psychologues Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes. En effet, même si le terme de syndrome est utilisé, il ne s’agit pas d’une pathologie mais plutôt d’une expérience de vie. 

Pour Kevin Chassangre et Stacey Callahan, tous deux docteurs en psychologie, le syndrome de l’imposteur

« concerne une personne qui se voit comme incompétente malgré sa réussite tangible dans différents domaines de la vie ».

Par exemple sur le plan professionnel, cela pourrait se traduire par : l’obtention d’un diplôme, une promotion, le management d’une équipe ou unité plus grande, l’attribution d’un nouveau projet, la participation à un parcours pour haut potentiel… Avec un sentiment d’usurper son environnement professionnel souvent présent. 

3 caractéristiques : 

  • Impression de tromper : se caractérise par le fait de ne pas se sentir à sa place dans son équipe
  • Peur d’être démasqué : la crainte que votre entourage découvre que vous n’êtes pas vraiment ce collaborateur investit et fiable, est toujours présente dans un coin de votre tête. 
  • Attribution externe : d’autres facteurs indépendants de votre travail seraient intervenus dans votre réussite

Syndrome de l'imposteur HM

Les psychologues Jaruwan Sakulku et James Alexander ont mis en évidence que 70% de la population aurait douté à un moment ou un autre de leur carrière ou questionner la légitimité de leur réussite. Plus largement, le syndrome de l’imposteur s’immisce particulièrement lors des périodes de transition : premier emploi, changement de poste, premier poste de manager, changement d’entreprise. 

LE SYNDROME DE L’IMPOSTEUR : COMMENT S’EN DÉTACHER ?

Phase 1 : Comprendre comment il se manifeste pour vous 

Eh oui, nous n’agissons pas toutes et tous de la même façon. Le repérage de sa stratégie de défense préférée est un bon début : 

On vous confie un dossier à fort enjeu. Très vite, l’enthousiasme laisse place au doute… Vais-je y arriver ? Suis-je la personne la plus qualifiée ? Et si j’échoue ? Vous sentez la pression monter. Vers quelle stratégie va spontanément votre préférence ?

A. Perfectionnisme excessif : vous vous engagez dans un travail de fond avec surpréparation, contrôle et sur-contrôle. Tout doit être parfait. Pas question de laisser la place au hasard ! 

B. Procrastination : au vu du travail à mener pour être la hauteur, vous retardez l’échéance en reportant sans cesse le travail à réaliser. Au final, il faut accélérer le rythme quelques jours avant l’échéance. Pourtant vous n’aimez pas travailler dans l’urgence ! 

Pour en savoir plus sur la procrastination : cliquez sur le lien : https://www.humano-modo.com/2022/02/21/procrastination-comment-sen-sortir/ 

C. Évitement : l’envie de travailler sur le dossier est présente mais vous préférez refuser avec un prétexte somme toute rationnel (manque de temps, d’autres priorités). Ou encore, vous recommandez un autre collègue ou faites comprendre que ce projet n’est pas pour vous. Le tout en paraissant détaché. Pas question de se griller sur ce dossier ! Au final, vous restez au point mort. Peut-être même que vous ressentez de la frustration.

Syndrome de l'imposteur 3Photo Pixabay : steve_a_johnson

Phase 2 : Se détacher des croyances limitantes 

Votre professionnalisme est reconnu par vos pairs mais vous doutez souvent de vous. Vous vous dites : 

 » Mes homologues sont plus compétents que moi « 

 » Je n’ai pas ma place. Je me sens inférieur(e) « 

 » En réunion, je n’ose pas prendre la parole « 

 » On va se rendre compte que je suis une « erreur de casting » « 

Mais d’où vient ce décalage entre votre réussite apparente et votre vécu interne ? Comment expliquer le possible sentiment d’infériorité ? 

  • Comprendre quand le syndrome de l’imposteur s’est développé et comment il a été entretenu : comment l’environnement professionnel, personnel, le système scolaire ont pu contribuer au développement du syndrome de l’imposteur ?

  • Comprendre comment il est présent aujourd’hui : quelles sont vos petites voix négatives à l’origine de vos freins ? 

Doute confianceSource Pixabay : Anemone123

Phase 3 : Expérimenter de nouvelles stratégies 

Comment sortir de cette dynamique dépréciative ? 

Comme j’aime à le dire, il n’y a pas de baguette magique mais des stratégies sur mesure, adaptées à chaque situation. Je peux vous partager 4 stratégies différentes que les personnes que j’ai accompagnées en coaching ont pu expérimenter un moment ou un autre. Au vu des retours positifs, je vous les partage :  

1. Contacter des membres de votre réseau et solliciter un retour concernant vos expériences professionnelles communes : par exemple, demander ce qui a été apprécié dans votre collaboration. Bien préparé = Émotions positives garanties ! 

2. Identifier vos forces, atouts et réussites professionnelles. Oui, oui, chacun et chacune ont des ressources spécifiques et peut les assumer fièrement. Se rendre compte que l’on est riche de cette unicité renforce l’estime de soi mise à mal par le syndrome de l’imposteur. 

3. Prendre la procrastination avec un angle nouveau. Et si finalement, dans cette impression de ne rien faire, vous aviez déjà fait des choses essentielles ? Nous avions listé les tâches déjà avancées mais pas de façon formelle ou satisfaisante en l’état. Résultat, plus de 50% du travail était déjà engagé. Et oui, creusez ce qui se cache derrière la procrastination est révélateur de ressources.

4. Se réconcilier avec l’échec. Certes, les émotions négatives ne sont pas agréables. Avoir le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur vous fragilise ? Et si l’on regardait l’échec différement : qu’est-ce que cette situation difficile vous a appris ? 

Il est aussi possible d’expérimenter des méthodes de relaxation et de mise à distance pour baisser le stress et éloigner les pensées négatives envahissantes. 

Syndrome de l'imposteur 4

POUR CONCLURE

Nous avons vu au travers de cet article ce qu’était le syndrome de l’imposteur, comment il se manifestait. Nous avons également passé en revue les différentes phases permettant de de distancier de ce complexe. 

Enfin, 4 stratégies concrètes ont été proposées pour dépasser le syndrome de l’imposteur. Quels bénéfices ? Relâcher la pression et se sentir plus authentique. Accepter et s’accepter. En effet, pas besoin d’enchaîner les heures pour être apprécié. Si vous êtes à votre poste actuel, je suis certaine que d’autres facteurs que votre force de travail sont en jeu 🙂

Pour renouer avec votre parcours et vous sentir légitime. Par quoi allez-vous commencer ?

Laetitia Parrenne – Fondatrice Humano Modo
Coaching Professionnel I Conseil I Formation
Bretagne – Grand Ouest – Ile de France & Intervention à Distance
E-mail : laetitia.parrenne@humano-modo.com
Site : www.humano-modo.com

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